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  • Laurent

Crème? Sucre? - Les effets de la caféine sur l'effort du sportif


Ai-je ou pas intérêt à boire un café avant l’effort/la compétition ? La question revient souvent chez les athlètes de sports d’endurance avec lesquels je travaille.

La caféine semble en fait retarder l’arrivée de la fatigue pour des efforts prolongés (Différentes études montrent une amélioration du temps avant l’apparition de la fatigue entre 20% et 50% pour un effort à intensité prédéterminée) et améliorer la puissance musculaire pour un même effort perçu (Cole et al. 1996).


Comment ?


C’est là la grande question et les implications des recherches à ce sujet sont plus importantes qu’on ne pourrait le penser. C’est toute notre compréhension des mécanismes d’apparition de la fatigue qui pourraient bien être remis en cause ici !


Un premier modèle d’apparition de la fatigue suppose que celle-ci est liée à l’épuisement des réserves de glycogènes, d’où les fameuses pasta-party la veille des courses, sensées refaire les dites réserves (à ce sujet, consultez l'article de Carine:

https://www.aromasanté.ch/single-post/2017/11/29/PASTA-PARTY-avant-la-comp%C3%A9tition-une-erreur-


Concernant la caféine, certains supposent qu’elle retarde la fatigue en ménageant cette réserve de glycogènes. On peut en effet imaginer qu’en agissant sur le métabolisme, en favorisant la consommation des graisses plutôt que des hydrates de carbone, la caféine retarderait le moment fatidique et permettrait ainsi de meilleures performances. Mais certaines études semblent prouver que ce n’est pas le cas (Casal et Leon 1985 ; Erickson et al. 1987) et que la caféine n’a en fait aucun effet métabolique de ce type.


Pourtant, elle semble effectivement ralentir l’arrivée de la fatigue. Autre idée, autre modèle : Et si la fatigue n’était en rien liée aux réserves énergétiques mais plutôt au système nerveux. La caféine agirait alors directement sur le système musculaire (en augmentant la résistance à la fatigue des muscles et la qualité du recrutement des fibres musculaires) ou directement sur le cerveau en réduisant la perception de fatigue. Ces mécanismes restent toutefois à expliquer.


Notons également qu’une autre étude (Greer et al. 1998) semble montrer que les effets de la caféine sont bien présents lors d’efforts de haute intensité d’environ 4-5min mais totalement absents sur des efforts de très haute intensité d’une durée de 30s.

Graham, Hibbert et al. (1998) semble démontrer que le café n’a aucun effet sur les efforts considérés et que tout se passe comme si il y a avait une autre substance dans le café qui inhibe les effets habituels de la caféine. Ceci étant dit, il y a d’autres moyens de l’absorber comme le thé, le coca, les tablettes de caféine ou même les gels énergétiques aux arômes d’expresso. À noter également, et c'est là un point essentiel d'un point de vue pratique; la caféine n’a pas d’effet diurétique à l’effort alors que c’est le cas au repos.


Personnellement, je conserve mon petit café le matin d’une course parce que quoi qu’en dise la science, cela fait partie de mon petit rituel. Et ça, c’est indispensable pour partir en confiance !

Et vous, consommez-vous de la caféine avant une compétition ? Pourquoi, comment ? Partagez vos expériences svp, ça m’intéresse !


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© 2018 Laurent Stathis