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  • Laurent

Le massage médical dans le panorama des thérapies

Mis à jour : 6 févr. 2018

On m’a souvent demandé ce qu’est, au juste, le massage médical.



Lorsque j’explique que c’est une discipline thérapeutique, différente de la formation de massothérapie que l’on peut trouver dans de nombreux établissements des environs, les gens tentent

de me placer quelque part entre l’ostéopathe, le physiothérapeute et le masseur qui s’occupe d’eux à la sortie du bain thermal ou autre centre de wellness.


Une petite explication s’impose donc, de ma situation dans le vaste paysage des thérapies

manuelles.


Un mot sur ma formation tout d’abord : Si je suis allé à Zürich pour suivre des cours, ce n’est pas

pour perfectionner mes connaissances d’anatomie fonctionnelle en suisse-allemand parce que je

trouvais ça trop facile en français... D’une façon générale, les régions germanophones me semblent être en avance quant au développement des thérapies manuelles. Je n’ai trouvé en Suisse-romande aucune formation solide pour un massage efficace et ciblé basé sur les besoins du patient.


De plus, après mon année à l’ESO (école suisse d’ostéopathie), j’avais de la peine à m’imaginer

travailler dans un hôtel ou vendre à mes patients des enchaînements de massages prédéterminés apprit par cœur.

C’est inefficace pour résoudre des pathologies précises et extrêmement ennuyeux pour moi, qui me

vois transformé en machine à masser sans autre forme de travail un tant soit peu intellectuel.


Une première partie de la réponse donc : Mon métier n’est pas une pratique orientée sur le wellness, mais bien une thérapie ciblée sur les besoins du patient.


Comment et avec quels outils ?


J’ai toute une panoplie de petites astuces et ma formation englobe différentes formes de thérapies,

mais les outils que j’utilise régulièrement sont les suivants :

1. L’écoute. C’est assis à mon bureau que j’apprends à connaître mon patient et ses problèmes avant tout. Les statistiques de la médecine font peur. Le temps moyen de parole des patients chez leur médecin s’approche des vingt secondes...

J’ai bon espoir que la nouvelle génération de médecins saura redresser le tir. Je fréquente plusieurs

jeunes médecins et étudiants et ça s’annonce bien. En attendant, je trouve important d’offrir à mes

patients le temps de s’exprimer.


2. Le massage, qui me sert d’outil pour rééquilibrer le système musculaire du patient. Cet équilibre

permettra autant de faire disparaître des douleurs que d’améliorer les performances des sportifs.

Dans tous les cas, on vise un retour à un fonctionnement physiologique du système en travaillant un

maximum sur l’ensemble de la chaîne musculaire concernée (ah , tiens, les chaînes musculaires !

Encore une idée d’article à rédiger prochainement...)


Deux exemples simples ; pour une douleur au niveau du coude, je vais en principe travailler du bout des doigts à la nuque et si possible, vérifier la condition de l’épaule opposée.

Pour des tensions dans le bas du dos, je commence en général par les pieds, mais souhaiterai en

principe inclure au moins les hanches, le ventre et la cage thoracique dans mon observation. Le bas du dos ne venant qu’ensuite dans la liste de mes priorités, ce qui en surprendra plus d’un mais les résultats ne laissent pas place au doute.


3. Mon troisième outil, sans doute le plus important, c’est l’information, l’enseignement pourrait-on

dire.


Avant le massage, j’informe le patient de mes réflexions et hypothèses, pendant que je travaille, je

lui explique ma façon de travailler, le rôle des muscles les plus sensibles au fur et à mesure de la

séance et tente de répondre de mon mieux à toute question qui pourrait survenir. En fin de séance, je donne au patient des outils pour prendre son problème en main et mieux le comprendre, mon but étant qu’entre deux massage, le patient prenne conscience de son corps et progresse indépendamment de la thérapie proprement dite. Le cas échéant, je renverrai volontiers le patient à

un autre thérapeute plus adapté si nécessaire en lui expliquant pourquoi son problème n’est pas de

mon ressort et en quoi l’un de mes collègues serait plus à même de l’aider. Je ne suis donc pas ostéopathe, puisque je ne travaille que peu sur la mobilité articulaire (quoique...) mais principalement au niveau du système musculaire.


Le physiothérapeute sera en général assez peu qualifié pour faire mon travail de massage (et souvent, il n'a simplement pas le temps puisque la durée de ses séances sont drastiquement limitées par les assurances maladie) mais bien plus doué que moi quand il s’agit de vous donner des exercices. Sans compter la physiothérapie neurologique, respiratoire et j’en passe... Vaste domaine (encore un article en perspective!)

Je tenterai de développer différents aspects de mon travail ou certains des points traité partiellement

ici dans mes prochains articles. En attendant, c’est avec plaisir que je reçois commentaires et

questions, que ce soit concernant un problème particulier ou si quelqu’un a un souhait pour une

prochaine publication.

Merci à mes lecteurs pour leur curiosité, à mes patients pour leur confiance et à tous pour les belles

expériences que vous me permettez de vivre dans ce travail enrichissant !

© 2018 Laurent Stathis